Les Tattoos

 

 

 

STUDIO PASSION "ARTS PHOTOGRAPHY "·

 

 

Si le tatouage était, à l’origine des temps, une façon de marquer son appartenance à un clan, puis plus tard, à un groupe social (marin, soldat, motard, gangster), on le croise aujourd’hui sur toutes les peaux. Femme ou homme, jeune ou vieux, riche ou pauvre : le tatouage est « encré » dans les moeurs. En France, une personne sur dix serait tatouée, même si, comme le souligne la psychosociologue Marie Cipriani-Crauste, « le tatouage est encore trop souvent mal perçu par la société ». Apanage des bad boy, le tatouage ? Pas seulement. « Il est beaucoup plus répandu que vous ne pouvez l’imaginer. Seulement, nombreux sont ceux qui les cachent, car le tatouage touche à quelque chose d’intime ».

 

Le tatouage, malgré les gros titres des magazines féminins, n’a rien d’un « effet de mode ». « Il existe depuis la nuit des temps ! » rappelle Marie Cipriani-Crauste. « C’est une marque ancestrale, qui traduit l’angoisse principale de l’homme : sa propre disparition, et donc, son obsession à laisser des traces, y compris sur son propre corps. Cette obsession est d’ailleurs ce qui nous différencie des animaux. L’homme a besoin de repère, et le tatouage en est un ».

 

Dans les années 50, le tatouage est bien celui des soldats, des prisonniers, des marins et des mauvais garçons. Celui que chantait Edith Piaf en décrivant son 'Légionnaire'. 10 ans plus tard, peindre son corps est à nouveau mal perçu. Suite à des problème d'hygiène et à la prolifération d’hépatite, la pratique sera interdite à New York en 1962. Ailleurs, les tatouages se sont adaptés à l’époque moderne. Avant les années 60, le tatouage encore classique se limitait à un aigle, un tigre ou un cœur percé d’une dague. C’est le temps des tattoos "flash", explique d’Alix Nyssen. Ceux que l'on choisit sur catalogue, sans grand espoir de disposer d'une pièce unique. Ces Ancres marines, voiliers, dagues, serpents, cœurs enflammés, hirondelles, pin-up, etc. ont toujours leur public, même si ces motifs sont qualifiés d'old school.

 

Ensuite, les années 1960 et 1970 sont considérées comme une étape cruciale de l’histoire du tatouage. "Durant cette 'Tattoo Renaissance', le tatouage se caractérise par des changements conceptuels, techniques et stylistiques mais également par sa relocalisation sociale grâce à l’arrivée de nouveaux tatoueurs, issus des Beaux-Arts. Ces mutations prennent racines aux États-Unis avant de se répandre ailleurs dans le monde."

 

Plus tard, Pamela Anderson se faisait tatouer un fil de fer barbelé sur le biceps, rapidement copiée par des milliers de fans. Suivront les motifs chinois à la signification mystérieuse, puis les dessins tribaux qui, aujourd’hui, commencent à dater. Et c’est vers 2010 que la monochromie fait place à la couleur.

 

Depuis, les tattoos ne cessent de s’étendre sur la peau, allant jusqu’à couvrir tout le bras ou tout le torse. La principale évolution des 30 dernières années est que le tatoueur possède, de plus en plus souvent, une formation artistique, faisant de chaque tatouage une œuvre complète et unique. Après l’ère des symboles, voici celle de la création. Le corps n’a plus de limite pour le tatoueur. Il occupe tout l'espace.

 

Le tatouage a-t-il donc toujours un sens ? Pour la psychosociologue, c’est une évidence. « Même lorsque une jeune fille se fait tatouer une petite fleur "parce qu’elle la trouvait jolie", elle manifeste un message plus profond qu'un simple choix esthétique. Un tatouage n’est pas un bijou. C’est une marque à vie, et ce n’est jamais anodin ».


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